Grosse désillusion aux championnat de France 24 heures de Brive où j’ai dû abandonner après 100km et 11h10 d’effort.
Ce qui me vient en premier pour expliquer cet échec: j’avais décidé de partir avec Antony sur un rythme lent à pile 10km/h. Le circuit est particulier avec une petite montée qui deviendra grande et beaucoup de poussière quand on court sur les graviers. On part cool comme prévu sauf qu’Antony ne s’arrête jamais en prenant ses flasques à la volée là où moi j’ai l’habitude de m’arrêter quelques secondes tous les deux tours. Du coup j’accélère à chaque fois pour le rattraper. Au niveau allure j’ai l’impression d’être nickel et alors que je cours d’habitude plutôt à 11km/h, je n’ai pas l’impression de me traîner. Le cardio est parfait (jamais été aussi bas) vers les 132bpm (131 de moy sur les 11h). On se sépare au bout de trois heures. Les heures passent, on fait 59km en 6h quasi dans les temps fixés. Au niveau sensation c’est le roller coaster, la 5e heure tout nickel puis au fond du trou. Je suis petit à petit obligé de m’arrêter tous les tours et décide de m’asseoir quelques instants pour récupérer à plusieurs reprises ce que je n’aurais jamais dû faire car musculaire ment le redémarrage est de plus en plus difficile. Pourtant aucune blessure en vue, pas de douleur inquiétante. Je me sens faible mentalement et me dis que souffrir toute la nuit va être difficile. Je ralentis de plus en plus et commence à calculer le kilométrage atteignable, les 200km semblent compliqués. J’alterne entre la deuxième et la troisième place du classement open mais ça ne me motive pas tant que ça, le premier ayant 11km d’avance sur moi.
J’atteins les 100km en 11h10. je décide de m’asseoir en attendant ma petite femme qui ne devrait pas tarder. J’ai la tête qui tourne, pas d’énergie, le moral en berne et n’accepte pas l’idée de souffrir encore plus de douze heures. Pourtant je n’étais pas si en retard car à Tullins j’avais fait 105km en 12h et à Vierzon 110km. Mais voilà je suis faible ce jour -là. Un bon entraînement ne suffit pas. Je n’ai pas réussi une seule fois à être dans ma bulle en auto-hypnose.
Il faut que je réfléchisse sur la gestion des pauses. A mon avis, je devrais m’interdire de m’asseoir, reprendre ce qui a marché les deux premières fois. Pause tous les deux tours, marche autorisée en sortie de table mais pas d’arrêt hors urgence.
C’est dur à digérer car la prepa s’est bien passée, les conditions météos parfaites, l’assistance nickel. Mais je n’avais pas de jus, des vertiges vers la 11e heure, des douleurs musculaires qui arrivent trop précocement.
Niveau ravitaillement je ne pense pas avoir fait d’erreur. Pas de problème digestif.
Les deux choses que je relève c’est 1)l’alimentation les deux semaines avant la course où je me suis trop restreint pour gagner quelques grammes.
2)le mental, c’est un format vraiment très exigeant et je n’étais sûrement pas prêt à souffrir comme je l’étais il y a 3 ans.
Du coup les nouvelles résolutions: repasser au sport plaisir, oublier les 24h pour un temps pour passer sur des distances plus courtes, marathon, 100km, trail et pourquoi pas refaire du triathlon. Le choix ne manque pas, priorité au plaisir!
Ravi d’avoir passer une bonne partie de la journée avec Antony Zanetti et son assistante de luxe, heureux d’avoir croiser Karine Zeimer, Pascal Pheulpin, impressionné par Thomas Lepers, Rudy Wedlarski qui aura réussi ses 240km avec sa foulée économe et sa régularité incroyable. Que de belles personnes dans ce sport difficile!